Statistiques

Statistiques

ENFANTS (Jeunes enfants et adolescents)

La pauvreté, une triste réalité

La pauvreté menace la santé de tous et de toutes

En quoi la pauvreté nuit-elle à la santé d’un enfant?

La sollicitation des banques alimentaires au Canada

La sollicitation des banques alimentaires pour la région du Québec 

Les cinq principales sources d’effets négatifs du divorce sur les enfants

Les conséquences du divorce

Le risque accru de pauvreté

Le risque accru de problèmes chez les enfants de parents divorcés

Combien d’enfants sont touchés par le divorce?

Les enfants s’adaptent-ils différemment au divorce selon leur âge et leur sexe?

Le divorce et la santé mentale des enfants

Causes visant les enfants portées devant les tribunaux de la famille qui ont trait à la garde, au droit de visite et à la pension alimentaire, 2009-2010 

La criminalité chez les jeunes

Les infractions liées à la cocaïne et aux autres drogues affichent une hausse

Environ 1 crime sur 10 commis par les jeunes survient sur les terrains d’une école

Le phénomène des gangs de rue

Les caractéristiques des jeunes qui se joignent aux gangs de rue

Les enfants et les jeunes victimes de crimes avec violence

Incidence du quartier sur les taux d’hospitalisation des enfants et des adolescents pour blessure non intentionnelle

Taux plus élevés chez les garçons

Répercussions et conséquences de la victimisation

Le suicide

PARENTS

Un portrait statistique des familles au Québec

Les pensions alimentaires pour les enfants et le conjoint dans les régions métropolitaines et non métropolitaines, 2009-2010

Profil des bénéficiaires de pension alimentaire pour enfants

La dépression et la séparation de couple

Mères seules encore très vulnérables à la pauvreté

La situation des pères divorcés

La rupture conjugale est plus difficile pour les hommes

La violence conjugale après la séparation

La violence familiale au Canada

Le rôle parental après une séparation ou un divorce : profil des ententes au sujet du temps passé avec les enfants et de la prise de décisions les concernant

GRANDS-PARENTS

Le rôle des grands parents

Divorce: le rôle des grands-parents

La pauvreté, une triste réalité

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En novembre 1989, le gouvernement du Canada adopta à l’unanimité la résolution de mettre tout en œuvre afin d’abolir la pauvreté infantile du pays d’ici l’an 2000. Or, peine est de constater que plus de 20 ans après, plus d’un million et demi d’enfants souffrent toujours de ce fléau. C’est un fait inquiétant et non négligeable: un enfant sur dix ne peut manger à sa faim et ne dispose pas des ressources financières pour participer à des activités parascolaires qui sont essentielles au maintien d’une bonne santé mentale et physique des enfants.

Les statistiques démontrent qu’au Canada, 610 000 enfants et leur famille sont en situation de pauvreté; c’est plus que les populations de Victoria et de Kelowna combinées (Rapport 2010 sur la pauvreté des enfants et des familles au Canada, Campagne 2000). Les enfants et les jeunes constituent 38 % des utilisateurs de banques alimentaires au Canada, mais ils ne représentent que 20 % de la population.

La pauvreté menace la santé de tous et de toutes

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« Le taux de mortalité infantile représente plus qu’une mesure technique du nombre de décès chez les jeunes enfants. Il est le reflet de notre défaillance flagrante à offrir aux mères et aux enfants les meilleurs services de santé possible. C’est une variable substitutive de la compassion de la société à l’égard des plus vulnérables et de l’engagement d’un gouvernement envers ses citoyens et citoyennes». (UNICEF Canada 2009)

La pauvreté est un déterminant fondamental de la santé. Les conditions de vie précaires au quotidien des enfants défavorisés et de leurs familles influent considérablement sur leur santé.

L’effet de ces expériences durant l’enfance se prolonge tard dans leur vie d’adultes. De nombreuses recherches ont examiné le lien entre la pauvreté et l’état de santé, depuis l’espérance de vie, la mortalité infantile, la santé mentale et la durée des hospitalisations causées par des maladies chroniques, et elles ont démontré que les personnes à faible revenu étaient en moins bonne santé que les personnes à revenu plus élevé. Les enfants défavorisés sont plus vulnérables à toutes sortes de problèmes de santé que les autres enfants. Souvent, les familles à faible revenu s’alimentent inadéquatement, habitent des logements surpeuplés dans des quartiers peu sûrs, ne peuvent se payer de médicaments sous ordonnance, de soins dentaires et de soins de la vue, ont accès à des programmes d’éducation de moins bonne qualité; pourtant, elles auraient besoin de ce genre de soutien pour assurer la santé de leurs enfants.

En quoi la pauvreté nuit-elle à la santé d’un enfant?

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Les enfants défavorisés risquent plus d’avoir un faible poids à la naissance, de souffrir d’asthme, de diabète de type 2 et de malnutrition.

Les enfants vivant en situation de pauvreté sont 2,5 fois plus susceptibles que les enfants provenant de familles mieux nanties d’avoir une incapacité et sont moins susceptibles de recevoir des services médicaux et communautaires.

Les enfants de travailleurs à faible revenu ont peu de chance d’être couverts par un régime d’assurance médicaments, de soins dentaires et de soins de la vue.

Les enfants défavorisés sont plus susceptibles d’avoir des problèmes d’apprentissage, des problèmes affectifs et des problèmes de comportement.

Les enfants qui grandissent en situation de pauvreté, une fois adultes, sont plus susceptibles de souffrir de dépendances, d’avoir des problèmes de santé mentale, des incapacités physiques et de mourir prématurément. Le taux de mortalité des enfants défavorisés attribuable à des blessures involontaires est plus élevé que celui des autres enfants. Les blessures involontaires sont la principale cause de morbidité et d’invalidité au Canada.

Les enfants défavorisés sont, de toute évidence, plus susceptibles de souffrir d’une gamme de troubles physiques et de problèmes psychosociaux. Un enfant démuni peut éprouver des difficultés d’ordre physique, affectif, social ou scolaire. Le fait de présenter un seul de ces problèmes augmente la probabilité de connaître d’autres difficultés, aussi les enfants dans le besoin ont-ils tendance à éprouver des difficultés à plusieurs égards.

Pour la société, l’ampleur du problème associé à la pauvreté dans l’enfance au Canada est considérable, et les enfants défavorisés continuent de voir des obstacles se dresser devant eux à mesure qu’ils grandissent. Les problèmes physiques et mentaux auxquels ils sont confrontés ne s’aplanissent pas forcément avec l’âge.

Ces enfants risquent au contraire de devenir des adultes ayant des déficiences sur les plans physique, affectif, social et professionnel. Ainsi, environ 40 %des enfants ayant des troubles de conduite continuent d’être confrontés `a de sérieux problèmes psychosociaux `a l’âge adulte. Ces graves séquelles de la misère, qui marquent certains enfants à jamais, engendrent des coûts élevés pour la société : coût des services de santé physique et mentale, productivité professionnelle réduite ou recours aux services sociaux.

La sollicitation des banques alimentaires au Canada

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(Bilan-Faim 2010)

867 948 Canadiens ont franchi la porte d’une banque alimentaire en mars 2010 en quête d’aide, soit une hausse de 9% par rapport à 2009. C’est le niveau d’utilisation des banques alimentaires le plus élevé que l’on ait jamais connu. 38% sont des enfants, 11% déclarent avoir des revenus d’emploi, 6% bénéficient de l’assurance-emploi, 51% bénéficient de l’aide sociale, 15% bénéficient d’un soutien du revenu lié à une invalidité, 71% des banques alimentaires rapportent une augmentation.

Au cours des deux dernières années, l’utilisation des banques alimentaires au Canada s’est accrue de 28% ; un taux de croissance sans précédent. Après quatre années consécutives de baisse, la demande en banques alimentaires a grimpé en flèche depuis la récession de 2008-2009. Cette année, chaque province a enregistré une augmentation du nombre de personnes ayant besoin d’aide, et près de trois quarts de toutes les banques alimentaires au Canada ont aidé un plus grand nombre de gens qu’en 2009.

Le portrait des personnes ayant accès à des banques alimentaires est demeuré très stable au fil des ans, et l’année 2010 n’est pas différente : 38 % sont des enfants ou des jeunes de moins de 18 ans; 51 % des ménages qui obtiennent de l’aide sont des familles avec des enfants, et près de la moitié de celles-ci sont des familles biparentales. Un fort pourcentage des ménages ayant besoin d’aide (40 %) sont des personnes célibataires, dont un grand nombre compte sur l’aide sociale comme principale source de revenu. Bien qu’un nombre moins élevé de personnes ayant un emploi ait eu accès à des banques alimentaires cette année, les ménages avec un revenu provenant d’un emploi présent ou récent constituent, à 17 % du total, encore une proportion importante des personnes ayant obtenu de l’aide.

La sollicitation des banques alimentaires pour la région du Québec

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Avec une augmentation importante de 12,3 % du nombre de personnes ayant eu recours aux programmes de dépannage alimentaire depuis 2009, et avec une augmentation majeure de 38 % du nombre de personnes aidées depuis 2008, la population du Québec se maintient parmi les plus touchées par l’insécurité alimentaire.

154 364 individus ont été aidés depuis mars 2010 soit une augmentation de 12 % depuis mars 2009. 38 % sont des enfants, 9 % déclarent avoir des revenus d’emploi, 6 % bénéficient de l’assurance-emploi, 64 % bénéficient de l’aide sociale et 5 % bénéficient d’un soutien du revenu lié à une invalidité.

Peu importe la composition de famille, les fluctuations sociales de plus en plus complexes peuvent également être exacerbées par la maladie, par une séparation, par la perte d’un ou de plusieurs emplois dans un ménage, par une mortalité dans la famille ou par des difficultés budgétaires, notamment celles associées à la rentrée scolaire.

Les organismes membres offrent de nombreux services différents pour soutenir des milliers de familles. Trente-neuf pour cent des ménages aidés sont des personnes seules, 12 % sont des couples sans enfant et près de 50 % sont des familles avec enfants, dont 25 % sont des familles monoparentales.

Les cinq principales sources d’effets négatifs du divorce sur les enfants

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1. Comme nous l’avons vu, la pauvreté, ou même une diminution significative des ressources financières, précède ou suit souvent un divorce et est une source profonde de nombreux problèmes chez les enfants. En réalité, les principaux effets négatifs du divorce sur les enfants s’apparentent à ceux de la pauvreté (pour une revue de la littérature, voir Ambert, 2005a).

La pauvreté, qu’elle soit de longue date ou nouvelle, accroît les facteurs de stress dans le quotidien des enfants, le divorce n’étant pas un incident isolé mais un ensemble de transitions. D’abord, une grande proportion de mères canadiennes et leurs enfants déménagent après une séparation, bien souvent pour se retrouver dans des logements plus petits et délabrés qu’auparavant, dans un environnement également plus bruyant et pollué. Ce nouveau cadre de vie peut hypothéquer la santé des enfants et de leur mère et leur causer un plus grand stress (voir Kohen et coll., 2008).

Leur nouveau quartier est souvent moins sécuritaire, ils y trouvent des enfants aussi pauvres qu’eux, qui ont des difficultés scolaires et qui acquièrent des comportements délinquants. La nécessité de s’adapter à un nouveau groupe de pairs, qui pose souvent plus de problèmes que l’ancien groupe d’amis, peut créer de nombreux irritants : solitude, intimidation, évitement scolaire et délinquance.

De plus, le parent gardien, généralement la mère, est souvent appelée à travailler davantage pour boucler son budget. Lorsqu’elle rentre à la maison, elle est souvent fatiguée, préoccupée, et a peu de temps à consacrer à ses enfants. Par conséquent, les enfants de mères divorcées pauvres ou proches de l’être risquent de recevoir moins d’attention, d’encadrement, de supervision, de marques d’encouragement et d’affection que d’autres enfants. Ainsi, si nous éliminions ou réduisions de façon importante la pauvreté chez les enfants, les effets du divorce et de la monoparentalité sur les enfants, sans disparaître, seraient beaucoup moins négatifs.

2. Le point précédent laisse entendre la seconde source de problèmes que subissent les enfants de parents divorcés : un encadrement parental diminue – particulièrement une moindre supervision. Le divorce engendre une série de facteurs de stress qui touchent particulièrement les parents qui ont la garde de leurs enfants. De nombreux parents divorcés sont si préoccupés et perturbés sur le plan affectif qu’ils tombent en dépression tandis que d’autres se mettent à rechercher de façon désespérée un nouveau partenaire, ce qui les rend très peu disponibles pour leurs enfants.

Les facteurs de stress et les préoccupations des parents limitent aussi leur compétence, leur affection et leur supervision, tout en augmentant leur instabilité, leur sévérité ou encore leur permissivité. Nombre d’entre eux deviennent moins aptes à protéger leurs enfants contre les facteurs de stress et différents risques; d’autres deviennent leurs copains et abdiquent leurs responsabilités parentales (un phénomène qui touche particulièrement les parents qui vivent ailleurs).

Dans ce contexte, les adolescents manquent d’encadrement et de soutien de la part de leurs parents. Par contraste, un revenu familial décent, une mère en bonne santé psychologique et un foyer qui offre un environnement sain, y compris un encadrement parental adéquat, sont au nombre des facteurs qui réduisent ou éliminent les effets potentiellement négatifs du divorce et de la monoparentalité (Carlson et Corcoran, 2001).

3. Les parents qui continuent ou commencent à se quereller et à user de violence verbale l’un envers l’autre devant leurs enfants après le divorce leur infligent une immense détresse. Les conflits parentaux après une séparation (spécialement lorsque les enfants en sont témoins et parties prenantes) sont une cause de dépression, d’hostilité, d’agressivité et d’autres comportements de passage à l’acte. De plus, les conflits parentaux, avant ou après le divorce, présentent un modèle de comportement dysfonctionnel. Les enfants apprennent que les désaccords ne peuvent se résoudre que par des disputes. Cette leçon peut avoir des conséquences négatives plus tard dans leurs propres relations.

En conclusion, lorsqu’un couple engagé décide de cohabiter, on peut raisonnablement s’attendre à ce que, dans le contexte social actuel, leur relation dure, particulièrement lorsqu’ils se marient. Toutefois, les couples présentant des antécédents de multiples cohabitations avec différents partenaires continueront d’être un facteur de risque de divorce et de rupture de l’union libre et, comme on pourrait le supposer, un risque pour les enfants qu’ils peuvent avoir : ces enfants pourraient souffrir des multiples transitions conjugales de leurs parents puisqu’ils seront moins susceptibles de profiter d’un foyer et d’un milieu parental axé sur l’enfant (Cherlin, 2009).

Nous entendons parler depuis peu d’un problème extrêmement préoccupant qui a toujours existé mais qui vient d’être « découvert » et nommé : l’aliénation parentale, qui se produit lorsqu’un parent rabaisse l’autre parent aux yeux de l’enfant par une forme de lavage de cerveau, empêche l’autre parent de voir cet enfant et cherche à le priver de son amour. Il peut en résulter que l’enfant rejette effectivement le parent honni (Gagné et coll., 2005; Pigg, 2009), ce qui peut avoir des conséquences terribles plus tard sur sa santé mentale.

Alors que les divorces qui mettent fin à de graves conflits parentaux peuvent avoir des retombées positives sur les enfants, les unions relativement harmonieuses qui se soldent par un divorce ont de graves effets négatifs sur les enfants, sans doute parce qu’à leurs yeux, tout à fait inattendu, ce divorce est fâcheux et inutile (Booth et Amato, 2001).

De même, ce type de divorce peut signifier que les parents ne valorisent pas l’engagement au mariage et cette valeur risque d’être communiquée à leurs enfants, qui la transposeront plus tard dans leurs propres relations. Soulignons qu’il est important de distinguer les effets qu’ont sur les enfants deux types de conflits parentaux : ceux qui existaient avant et ceux qui s’installent après le divorce. Il y a maintenant moins d’unions très conflictuelles avant un divorce qu’auparavant (Kerr et Michalski, 2007).

Cependant, il arrive que certaines unions apparemment harmonieuses conduisent à des divorces très acrimonieux, une situation que les enfants n’ont pas connue lorsque leurs parents vivaient ensemble. Ainsi, les conflits parentaux qui suivent une séparation ou un divorce peuvent être une cause distincte de certains problèmes chez les enfants.

4. Les raisons qui ont poussé les parents à divorcer (p. ex. des conflits) peuvent avoir rendu l’environnement familial très dysfonctionnel, et les problèmes occasionnés chez les enfants par ce type d’environnement ne disparaissent pas instantanément avec la séparation des parents. Il se peut en outre que ces parents aient été incompétents tant à cause de leur relation difficile que de leur personnalité difficile. Comme nous l’avons vu, ces enfants avaient donc des problèmes antérieurs, que le divorce est venu exacerber (Cherlin et coll., 1998).

5. La dernière source des effets négatifs du divorce sur les enfants est rarement mentionnée, mais demeure importante : les raisons génétiques. Un certain nombre de personnes divorcent ou mettent fin à une cohabitation parce qu’elles sont conflictuelles ou impulsives, et ont des traits de caractère difficiles auxquels elles ont prédisposé leurs enfants par héritage génétique.

Ces enfants sont prédisposés à avoir des comportements problématiques et vivent dans un environnement conflictuel et désorganisé qui nourrit leurs prédispositions négatives. Lorsqu’un divorce survient dans ce type de foyer, les conditions peuvent se dégrader et exacerber les problèmes antérieurs des enfants, dans ce que l’on peut considérer comme une forme de cercle vicieux.

Les conséquences du divorce

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Il y a deux conséquences dominantes du divorce : la pauvreté et un risque élevé d’apparition de problèmes chez les enfants qui sont impliqués. On retrouve ces conséquences non seulement au Canada et aux États-Unis, mais dans la majorité des pays du monde. Dans de nombreux pays, les femmes divorcées subissent des conséquences supplémentaires comme la discrimination et la perte de la garde de leurs enfants.

Le risque accru de pauvreté

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La pauvreté fait augmenter le risque de divorce. Inversement, le divorce fait aussi croître le risque de pauvreté chez une grande partie des femmes et de leurs enfants (Finnie, 1993; Galarneau et Sturroch, 1997). Rotermann (2007) a observé que, au cours des deux années suivant une séparation ou un divorce, 43 % des femmes ont connu une baisse de revenu de leur ménage comparativement à 15 % chez les hommes. Par contre, 29 % des hommes et seulement 9 % des femmes ont enregistré une hausse de leurs revenus.

Même trois ans après le divorce, le revenu des femmes demeure bien en deçà de ce qu’il était pendant le mariage et beaucoup plus faible que le revenu actuel de leur ex-époux. Toutefois, au fur et à mesure qu’un nombre plus élevé de femmes occupent un emploi et gagnent un meilleur salaire, cette baisse de revenu est moins pénible qu’autrefois, bien qu’elle soit toujours manifeste.

Comparativement aux ex-épouses, les ex-époux sont moins susceptibles d’être pauvres parce que leurs revenus sont généralement plus élevés, ils n’assument pas la prise en charge à temps complet de leurs enfants avec toutes les dépenses afférentes, et la pension alimentaire qu’ils doivent verser n’est généralement pas exorbitante.

Néanmoins, dans une décennie où la plupart des familles profitent de deux soutiens de famille, les hommes qui divorcent perdent beaucoup plus au point de vue économique que par le passé, particulièrement ceux qui étaient mariés à une femme gagnant un salaire élevé. Avec le suivi de plus en plus rigoureux des ordonnances de paiement de pensions alimentaires, le facteur économique pourrait à la longue dissuader certains hommes de mettre un terme à leur mariage.

Dans le cas des familles déjà accablées par la pauvreté, c’est habituellement la cellule mère-enfant qui s’appauvrit en cas de séparation. Plus les enfants sont jeunes au moment du divorce ou de la dissolution d’une union libre, plus ils sont susceptibles d’être pauvres puisque leurs parents, encore jeunes, touchent généralement un revenu moins élevé. En moyenne, les chefs de famille monoparentale pauvres disposent d’un revenu à 40 % inférieur au seuil de la pauvreté. Il s’agit là d’une pauvreté extrême. Une autre façon de considérer la question consiste à examiner les familles dirigées par une mère seule.

En 2002, selon l’Institut Vanier de la famille (2004), 35 % de toutes les familles dirigées par une mère seule vivaient dans la pauvreté tandis que de nombreuses autres se situaient de justesse au dessus de ce seuil précaire.

Le Canada, les États-Unis et l’Angleterre sont les trois pays occidentaux où les familles monoparentales présentent des taux très élevés de pauvreté et où il existe une différence considérable entre le revenu des familles monoparentales et des familles biparentales.

Le risque accru de problèmes chez les enfants de parents divorcés

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Bien que la plupart des enfants n’éprouvent pas de graves problèmes de développement par suite d’un divorce ou d’une séparation, le divorce constitue tout de même un facteur de risque élevé et une source de stress. Le divorce est, avant tout, une transition émotionnelle douloureuse et, comme le font remarquer Kelly et Emery (2003:359), il peut « créer un sentiment persistant de tristesse, de nostalgie, d’anxiété et de regret qui côtoie un fonctionnement psychologique et social normal ».

Bien que les différences moyennes ne soient pas énormes (Furstenberg et Kiernan, 2001; Le Blanc et coll., 1995; Sun et Li, 2002), les enfants dont les parents sont divorcés (et ce, même après leur remariage ou une nouvelle union libre) sont plus susceptibles que les enfants dont les parents sont toujours ensemble de :

• souffrir de dépression, d’anxiété et d’autres désordres psychoaffectifs;

• éprouver des problèmes de comportement dont l’hyperactivité, l’agressivité, les bagarres et l’hostilité;

• devenir de jeunes contrevenants;

• réussir moins bien à l’école et de poursuivre leurs études moins longtemps;

• connaître davantage de difficultés relationnelles, en partie à cause de leurs problèmes de comportement.

Finalement, lorsqu’on les compare aux adultes issus de familles biparentales demeurées intactes (Martin et coll., 2005), les adultes dont les parents ont divorcé pendant leur enfance et leur adolescence ont tendance à :

• avoir plus souvent un enfant né hors mariage, particulièrement à l’adolescence;

• atteindre un niveau de scolarité moins élevé;

• se retrouver plus souvent au chômage et à moins bien réussir sur le plan financier;

• éprouver des problèmes conjugaux et à divorcer davantage;

• être plus susceptibles d’avoir perdu le contact avec leur père et à déclarer avoir vécu une enfance moins heureuse (Williams, 2001).

De plus, selon une étude réalisée par Boyd et Norris (1995), les enfants plus âgés de parents divorcés quittent la maison plus tôt que les autres. Ils sont encore plus nombreux à partir de la maison lorsque le parent ayant la garde se remarie et encore davantage lorsque leurs deux parents se remarient. (Nous n’avons aucune information sur les unions libres; toutefois, les conclusions sont probablement similaires, sinon plus marquées.)

L’une des conséquences de ce départ précoce du domicile familial, c’est qu’il devient trop onéreux pour eux de poursuivre leurs études. À son tour, cette situation donne lieu à des compétences professionnelles plus faibles et à un chômage accru. Frederick et Boyd (1998) ont démontré, en se servant de données fournies par Statistique Canada, que 80 % des hommes et 84 % des femmes âgés de 20 à 44 ans qui vivaient avec leurs deux parents à l’âge de 15 ans avaient obtenu leur diplôme d’études secondaires. Les résultats sont plutôt de l’ordre de 65 à 73 % pour ceux dont les parents avaient divorcé, y compris ceux dont les parents s’étaient remariés.

Combien d’enfants sont touchés par le divorce?

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Le nombre d’enfants à charge touchés par un divorce parental s’élevait à 36 252 en 1998 (le nombre total de divorces se chiffrait à 69 088). Ces chiffres sont probablement équivalents aujourd’hui. Strohschein et coll. (2009) ont estimé qu’environ 20 % des enfants nés en 1984 au Manitoba avaient vu leurs parents divorcer avant d’avoir atteint l’âge de 18 ans. Juby et coll. (2005), quant à eux, ont estimé que près de 30 % des enfants canadiens nés en 1984 ont vécu la séparation de leurs parents mariés ou en union libre avant d’avoir atteint l’âge de 15 ans.

Si l’on projette ces estimations aux enfants nés dans les années 2000, le pourcentage pourrait être quelque peu inférieur, car c’est dans les années 1980 qu’il y a eu le plus de divorces au pays. Cependant, si on inclut les cohabitations parentales et les données du Québec, les pourcentages seraient certainement équivalents à ces chiffres.

Un grand nombre de couples qui divorcent n’ont pas d’enfant ou en ont peu, surtout parce qu’une bonne partie de ces couples divorcent durant les premières années de mariage. En outre, les couples divorcés avec enfants n’en ont pas autant que d’autres couples de leur âge qui restent mariés. Nous ne savons pas très bien si c’est parce que les couples au mariage stable sont plus susceptibles d’ajouter un deuxième ou un troisième enfant à leur famille ou parce que la présence d’un plus grand nombre d’enfants refrène le divorce, à tout le moins quand les enfants sont jeunes (Vanderschelden, 2006).

Nous savons toutefois précisément que la présence d’enfants est liée à des taux de divorce inférieurs (Clark et Crompton, 2006). À l’inverse, dans les cas de remariage, la présence des enfants de la femme issus d’un précédent mariage accroît le risque de divorce (Teachman, 2008).

Les enfants s’adaptent-ils différemment au divorce selon leur âge et leur sexe?

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Les résultats de recherche ne sont pas parfaitement cohérents à cet égard. Les filles s’adaptent généralement mieux au divorce que les garçons, mais pas nécessairement mieux qu’eux lorsque leur mère, si elle en a la garde, se remarie ou a un nouveau conjoint.

On constate une grande diversité de degrés d’adaptation selon la personnalité de l’enfant et les circonstances familiales. Il en va de même pour l’âge. D’une part, les très jeunes enfants ne souffrent probablement pas de l’absence d’un parent qu’ils ont rarement vu; si c’est leur mère qui en prenait soin, ils ne seront pas très touchés. Ils s’adapteront également mieux à un remariage des parents. D’autre part, ce sont les enfants de quatre à dix ans qui risquent le plus de souffrir du divorce de leurs parents parce qu’ils ne sont pas assez mûrs pour comprendre ce qui a changé pour eux et leur famille. Ils pourraient même être portés à se considérer responsables du divorce.

Par ailleurs, lorsqu’ils sont pauvres, ces jeunes enfants semblent davantage touchés par le divorce que les adolescents, particulièrement sur le plan du développement intellectuel (Strohschein et coll., 2009). En effet, les recherches indiquent clairement que la pauvreté durant la petite enfance entrave le développement cognitif et verbal et retarde l’adaptation des jeunes enfants à la maternelle (Ambert, 2005a, p. 146). Beaucoup de ces enfants arrivent en première année mal préparés à apprendre et s’exposent à des échecs scolaires répétés. Par contraste, un enfant qui devient pauvre à l’adolescence a probablement des assises solides sur lesquelles il peut espérer compter pour réussir à l’école.

Les enfants plus âgés (adolescents et jeunes adultes) peuvent aussi être particulièrement touchés effets négatifs du divorce. Les adolescents sont en effet exposés à une situation particulièrement difficile lorsque le parent gardien n’a plus l’occasion de communiquer avec eux et de les superviser. L’adolescence est déjà un âge propice aux expériences risquées, et un jeune privé de soutien parental risque davantage de succomber aux pressions préjudiciables de ses pairs.

Le travail scolaire risque d’en souffrir en conséquence. Les adolescentes dont les parents se sont séparés risquent davantage que les autres filles de devenir sexuellement actives et enceintes (Wu, 1996). Le risque est d’autant plus accru que leur mère, si elle en a la garde, est visiblement active sexuellement.

Le divorce et la santé mentale des enfants

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Selon une nouvelle étude du Programme des centres de données de recherche et publiée récemment dans la revue Journal of Marriageand the Family, même avant la rupture d’un mariage, les jeunes enfants de parents qui s’acheminent vers le divorce ont tendance à éprouver des problèmes de santé mentale.

L’étude a révélé que les enfants dont les parents divorcent par la suite ont des niveaux plus élevés de dépression, ainsi que des niveaux plus élevés de comportement antisocial que les enfants dont les parents restent mariés.

Le divorce des parents est une expérience de plus en plus courante dans l’enfance, presque un divorce sur deux au Canada touchant des enfants à charge. On a utilisé les données de l’Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ) pour faire le suivi d’enfants de quatre à sept ans qui habitaient avec les deux parents en 1994.

On a ensuite comparé les caractéristiques de santé mentale des enfants dont les parents étaient restés mariés et ceux dont les parents étaient divorcés en 1998. On a constaté que les niveaux de dépression et de comportement antisocial étaient plus élevés en 1994 chez les enfants dont les parents ont divorcé par la suite.

Les parents qui étaient divorcés en 1998 ont déclaré de plus faibles niveaux de satisfaction conjugale et des niveaux plus élevés de dépression et de dysfonction familiale lorsqu’ils ont été interviewés pour la première fois en 1994. En outre, ils étaient généralement plus jeunes que les parents dans les familles restées intactes.

L’étude a révélé que les caractéristiques associées au divorce des parents en 1998 ou avant étaient également associées à des niveaux plus élevés de dépression et de comportement antisocial chez les enfants.

Une fois ces caractéristiques familiales prises en compte, les différences sur le plan de la santé mentale au moment de l’entrevue initiale entre les enfants dont les parents avaient divorcé et ceux dont les parents restaient mariés avaient disparu. Le divorce n’a donc pas nécessairement un effet négatif sur la santé mentale de l’enfant.

L’étude a révélé en outre que sans compter ces différences préexistantes, les niveaux de dépression chez les enfants ont tendance à augmenter à la suite d’un divorce. Cependant, chez certains enfants dans des familles très dysfonctionnelles, le comportement antisocial a tendance à diminuer après le divorce.

Causes visant les enfants portées devant les tribunaux de la famille qui ont trait à la garde, au droit de visite et à la pension alimentaire, 2009-2010

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En 2009-2010, le nombre de causes devant les tribunaux de la famille des sept provinces et territoires déclarants a connu une légère hausse (+1 %) pour atteindre près de 330 000 causes. Les divorces et les autres causes d’éclatement de la famille ont représenté 70 % du nombre de causes devant les tribunaux de la famille en 2009-2010. Les 30 % restants portaient sur l’adoption, la protection de l’enfance, la protection civile, l’exécution, la tutelle et d’autres questions d’ordre familial.

En général, le divorce et les autres causes d’éclatement de la famille qui concernent des enfants, en particulier celles liées au droit de visite et à la pension alimentaire pour les enfants, persistent plus longtemps au sein du système judiciaire en matière civile que les causes qui ne portent pas sur des questions liées aux enfants. En 2009-2010, le tiers (32 %) des causes de divorce portant sur le droit de visite et la pension alimentaire étaient restées au sein du système judiciaire en matière civile pendant au moins quatre ans, soit plus du triple de la proportion des causes de divorce (10 %) sans enfant.

Les causes d’éclatement de la famille qui portent seulement sur le droit de visite ont tendance à comporter un nombre plus élevé d’événements que celles qui ont trait seulement à la garde ou la pension alimentaire pour les enfants. En moyenne, les causes qui portent sur le droit de visite ont donné lieu à presque deux fois plus d’audiences préalables au procès que celles qui portent sur la garde ou la pension alimentaire pour les enfants, de même qu’à un nombre moyen plus élevé d’ajournements et de jugements pendant la cause.

En 2009-2010, environ une cause sur dix devant les tribunaux de la famille qui portait sur la garde, le droit de visite ou la pension alimentaire pour les enfants avait donné lieu à un procès. Parmi les causes qui se sont rendues à l’étape du procès, celles portant sur le droit de visite et la pension alimentaire pour les enfants ont eu tendance à nécessiter plus de temps pour s’y rendre que les causes portant sur la garde.

La criminalité chez les jeunes

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En 2006, près de 180 000 jeunes ont été impliqués dans une infraction au Code criminel (sauf les délits de la route). Le taux de criminalité chez les jeunes, qui s’élevait à 6 885 pour 100 000 jeunes en 2006, était en hausse de 3 % par rapport à l’année précédente. Toutefois, il était 6 % inférieur au taux observé une décennie plus tôt et 25 % inférieur au sommet atteint en 1991.

Environ 6 jeunes sur 10 impliqués dans une infraction en 2006 n’ont pas été mis en accusation et ont vu leur affaire traitée en dehors du système de justice. Le recours à la mise en accusation à l’endroit des jeunes auteurs présumés d’infractions a diminué de façon marquée après l’entrée en vigueur de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA) en 2003.

Depuis l’adoption de la LSJPA, la proportion de jeunes auteurs présumés dont l’affaire a été classée sans mise en accusation a augmenté pour presque toutes les infractions, notamment pour les jeunes auteurs présumés de fraude, de possession de biens volés et de violation des conditions de la liberté sous caution. Néanmoins, la mise en accusation par la police est restée la mesure appliquée le plus souvent aux infractions entraînant les peines les plus sévères, alors que les infractions liées aux peines moins sévères demeurent moins susceptibles d’aboutir à une mise en accusation.

Le taux de crimes violents chez les jeunes a augmenté de 12 % au cours de la dernière décennie. La hausse des taux de crimes violents commis par des jeunes est attribuable en grande partie à l’augmentation des taux de voies de fait — le type le plus fréquent de crime violent pour lequel les jeunes étaient arrêtés.

Environ 5 % des infractions au Code criminel commises par des jeunes comportaient l’utilisation d’une arme. Lorsqu’une arme était présente dans un crime perpétré par un jeune, il s’agissait le plus souvent d’un couteau. Les taux de criminalité pour les autres infractions au Code criminel, comme les méfaits et le fait de troubler la paix, ont augmenté entre 1997 et 2006. Les baisses des taux pour des infractions telles que le vol et l’introduction par effraction ont contribué à la diminution globale du taux de crimes contre les biens chez les jeunes au cours de cette période de 10 ans.

Les jeunes appréhendés pour des infractions relatives aux drogues étaient surtout impliqués dans des infractions liées au cannabis (84 %). En 2006, le taux d’infractions relatives aux drogues chez les jeunes avait presque doublé par rapport à ce qu’il était en 1997.

En 2006, environ 1 crime sur 10 commis par les jeunes s’est produit sur les terrains d’une école, les voies de fait étant les plus fréquentes (27 %), suivies des infractions relatives aux drogues (18 %). Une arme était présente dans approximativement 7 % des crimes perpétrés à l’école; il s’agissait d’une arme à feu dans moins de 1 % des cas.

Les infractions relatives aux drogues chez les jeunes ont également affiché une forte hausse. En effet, le taux d’infractions relatives aux drogues chez les jeunes en 2006 était près du double de celui qui avait été observé 10 ans plus tôt.

Les infractions liées à la cocaïne et aux autres drogues affichent une hausse

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Les infractions relatives aux drogues chez les jeunes ont affiché une forte hausse en 10 ans. En 2006, près de 18000 jeunes ont été les auteurs présumés d’infractions relatives aux drogues, soit 693 jeunes pour 100 000 jeunes. Ainsi, le taux d’infractions relatives aux drogues chez les jeunes était presque le double (+97 %) du taux observé 10 ans auparavant.

Alors que la grande majorité (84 %) des jeunes impliqués dans des affaires relatives aux drogues ont été accusés d’infractions liées au cannabis, la proportion de jeunes auteurs présumés d’infractions liées à la cocaïne et aux autres drogues a plus que doublé en 10 ans.

Environ 1 crime sur 10 commis par les jeunes survient sur les terrains d’une école

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En 2006, environ 1 crime sur 10 commis par les jeunes s’est produit sur les terrains d’une école, les voies de fait étant les plus fréquentes (27%), suivies des infractions relatives aux drogues (18%). Une arme était présente dans environ 7% des crimes perpétrés à l’école. Il s’agissait d’une arme à feu dans moins de1% de tous les crimes perpétrés à l’école.

En 2008, les jeunes âgés de 12 à 17 ans représentaient près du tiers de tous les auteurs présumés à qui la police avait imputé une infraction au Code criminel. En tout, on a dénombré environ 167 500 jeunes auteurs présumés d’une infraction au Code criminel déclarée par la police cette année-là, et 27 600 autres jeunes auteurs présumés d’infractions relatives aux drogues et à d’autres lois fédérales. Cela comprend un petit nombre de jeunes âgés de moins de 12 ans. En 2008, les jeunes de moins de 12 ans représentaient environ 4% des jeunes auteurs présumés d’une infraction prévue au Code criminel ainsi que d’une infraction relative aux drogues et aux autres lois fédérales déclarées par la police.

Les chiffres sur la criminalité chez les jeunes représentent le nombre de fois qu’un jeune est présumé avoir commis un crime. Bien que presque les trois quarts des crimes commis par des jeunes déclarés par la police étaient des infractions sans violence, plus d’un quart étaient des crimes de violence contre une autre personne, habituellement un autre jeune.

Environ 6 victimes sur 10 de crimes commis par des jeunes étaient des enfants ou des jeunes de moins de 18 ans. Environ 1 victime sur 10 était âgée de 18 à 24 ans, et les victimes âgées de 25 à 34 ans et de 35 à 44 ans représentaient le dixième des victimes de crimes commis par les jeunes dans chacune de ces deux tranches d’âge. Les victimes de 45 ans et plus constituaient le dixième restant.

Selon les données déclarées par la police de 2008, la criminalité chez les jeunes au Canada augmente de façon générale des petites heures du matin jusqu’en après-midi, atteint un sommet tard en après-midi entre la fin de la journée scolaire et l’heure du souper, puis diminue en soirée et pendant la nuit. Le moment de la journée des activités criminelles chez les jeunes et déclarées par la police avait toutefois tendance à varier quelque peu la fin de semaine comparativement aux jours de semaine selon le type d’infraction commise et l’âge de l’auteur présumé.

Le phénomène des gangs de rue

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Le problème des gangs aurait considérablement augmenté depuis les années 1980. Il en ressort en effet que le phénomène se propage désormais dans les villes, les banlieues, les prisons et les écoles.

Les statistiques démontrant cette progression des gangs se font toutefois équivoques. À preuve, certains estiment que le pourcentage de jeunes appartenant aux gangs se situerait entre 5 et 10 % aux États-Unis (Spergel, 1995), dépeignant ainsi un portrait assez stable de l’évolution des gangs sur le plan historique.

D’autres toutefois soutiennent que le nombre de gangs aurait décuplé dans les villes et les grands centres urbains depuis le milieu des années 1980 (Goldstein et Huff, 1993). Certaines enquêtes permettent même d’avancer qu’au début des années 1990, plus de la moitié des villes américaines étaient aux prises avec un problème de gangs.

Au Canada, on juge que le problème est moins important qu’aux États-Unis mais là aussi, il s’avère difficile d’en faire la démonstration. Seule la Fédération canadienne des municipalités (1994) dispose de quelques données faisant état surtout de la violence des jeunes, membres de gangs notamment, celle-ci étant devenue manifestement plus intense qu’auparavant.

Décrivant la situation des gangs à Montréal plus particulièrement, Le Blanc et Lanctôt (1997) relatent qu’environ 20 % des jeunes issus de milieux socio-économiquement défavorisés auraient, au tournant des années 1990, fait partie d’une bande marginale. Bien que, de prime abord, ces statistiques donnent à croire que le problème des gangs est plus grave ici qu’il ne l’est aux États-Unis (ce qui est très peu probable), elles s’avèrent très semblables à celles recueillies par la même équipe de recherche dans les années 1970.

Les écoles hésitent souvent à rapporter la violence et les incidents de gangs de peur d’entacher la réputation de l’institution. De plus, peu de moyens auraient été développés jusqu’à maintenant pour recueillir les informations sur les gangs de façon systématique.

Il est important de souligner qu’on ne doit pas placer sur un même continuum, les groupes d’adolescents, les gangs ainsi que les organisations criminelles. On sait, en effet, que les adolescents ont tendance à se tenir en groupes pour le développement de leur identité, mais en règle générale, ces groupes n’ont rien à voir avec la dynamique des gangs criminels et délinquants. Comme le souligne Spergel (1995), les preuves ne sont pas non plus suffisantes pour avancer que les gangs évoluent naturellement vers les organisations criminelles.

Pour compléter, d’autres sources soutiennent également que le passage des jeunes dans les gangs demeure un phénomène transitoire et passager puisque celui-ci ne dépasse pas un an bien souvent (Le Blanc et Lanctôt, 1997).

Pour bien décrire et définir la réalité des gangs contemporains, il faut tenir compte de trois dimensions essentielles soit l’organisation, la criminalité et la violence dont les niveaux peuvent s’avérer extrêmement variables dans les faits. C’est pourquoi il est peu vraisemblable que l’on arrive un jour à s’entendre sur une seule définition des gangs et que nous devrions envisager de travailler plutôt à partir d’une typologie des gangs qui tienne compte des paramètres suggérés par les experts et de leur variabilité possible.

Plus précisément, cette typologie doit inclure six catégories de gangs qui, telles que décrites ci-dessous présentent des niveaux de violence, de criminalité et d’organisation allant en s’accroissant :

· les pseudo-gangs constitués d’adolescents s’identifiant aux gangs en tentant d’imiter leurs manières et leurs comportements;

· les gangs de territoire formés généralement d’adolescents préoccupés surtout par des questions de prestige et de protection du territoire;

· les groupes délinquants composés principalement d’adolescents se livrant à des actes de délinquance et de violence mais à un degré moins élevé que les gangs de rue;

· les gangs violents à visée idéologique (Skinheads) pouvant regrouper des adolescents et des adultes engagés essentiellement dans des activités poursuivant des fins idéologiques;

· les gangs de rue souvent composés à la fois d’adolescents et de jeunes adultes menant des activités illégales ou criminelles et violentes;

· les organisations criminelles impliquant des jeunes et des adultes formant des groupes ordonnés et stables menant des activités orientées vers le gain économique.

L’étendue du phénomène est plus importante qu’auparavant, au point que certains gangs formés ici sont désormais actifs en-dehors des frontières québécoises. Les jeunes sont maintenant plus nombreux à se joindre à ces groupes. On constate également que les filles y jouent un rôle de plus en plus déterminant.

Mais plus alarmant encore, les intervenants confirment que les gangs utilisent des moyens de plus en plus violents pour parvenir à leurs fins et qu’ils se livrent également à une délinquance de plus en plus sévère, prétendument associée à la tenue d’un marché illicite.

Les caractéristiques des jeunes qui se joignent aux gangs de rue

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On observe la faiblesse de leur estime de soi les conduisant à jeter un regard sombre sur leur situation actuelle et à venir, leurs difficultés à rencontrer les exigences de la vie en société, leur méfiance à l’égard des figures d’autorité, leur impulsivité ainsi que leur propension à la violence et à la délinquance, caractéristique qui n’est sans doute pas étrangère au fait que plusieurs d’entre eux ont été victimes d’agression.

Il faut dire aussi que les gangs sont principalement composés de garçons (dans 90 % des cas), âgés entre 14 et 25 ans et issus des communautés culturelles les plus récemment installées au Québec, communautés généralement défavorisées sur le plan socioéconomique. Il n’est pas rare non plus que ces jeunes proviennent de familles éclatées où le père est absent et l’encadrement insuffisant. Il en découle bien souvent que des problèmes se manifestent également à l’école faisant que les absences sont fréquentes et les performances, peu édifiantes.

Pour évaluer les caractéristiques sociales des jeunes ayant fait l’expérience de gangs, trois microsystèmes ont été analysés, soit la famille, l’école et le réseau social significatif.

Sur le plan familial, on distingue d’abord une trajectoire marquée de plusieurs ruptures soit, la séparation des parents, le et la désunification familiale (séparation temporaire d’un parent au moins ou d’un membre de la fratrie) à l’occasion de l’immigration. Ces ruptures répétées ont sans doute marqué de profonds changements au sein des familles des jeunes, à l’occasion desquels les liens entre les membres sont, règle générale, rudement mis à l’épreuve.

De plus, certains éprouveraient aussi quelques difficultés dans leurs relations familiales, obtenant des scores généralement comparables et parfois moins performants que ceux calculés chez des jeunes en difficulté ayant participé à l’enquête Ados, famille et milieux de vie (Cloutier, Champoux, Jacques et Lancop, 1994). La relation la plus difficile serait celle entretenue avec le père.

Au chapitre de l’encadrement, les résultats ne témoignent pas d’un laxisme flagrant à la maison. Il ressort plutôt que l’encadrement fut assuré bien souvent par les mères exclusivement, à l’époque où les jeunes faisaient partie des gangs. Bien que ces dernières aient tenté d’exercer un certain contrôle, il semble que leur autorité ait été insuffisante pour qu’en retour leur enfant fasse preuve de transparence à leur égard en révélant notamment la nature de leurs fréquentations et de leurs déplacements.

À l’école, certains ont pour la plupart fait preuve d’indiscipline durant les années où ils fréquentaient les gangs (retards, absences, punitions, suspensions et expulsions), indice important de leur désintérêt vis-à-vis de l’école. Dans cette perspective, il n’est pas étonnant de noter que la moitié d’entre eux ont déjà abandonné l’école. Mais si ces derniers ont renoncé aux études, ce ne serait pas en raison surtout de leurs difficultés personnelles, familiales ou académiques mais parce que l’école ne les intéressait simplement plus.

Chez un grand nombre d’entre eux, on compte, au sein de leur réseau d’amis, des personnes associées à la délinquance. Celles-ci, d’ailleurs, se sont, pour la plupart, jointes aux gangs avec eux. Après leur passage dans les gangs, plusieurs de ces jeunes ont toutefois cessé de considérer ces gens comme faisant partie de leur réseau social significatif. Si ceci peut paraître apporter un changement positif dans leur vie, il n’en demeure pas moins que la reconstruction d’un tel réseau représente un défi de taille.

En bout de ligne, donc, les résultats de l’étude apportent quelques nuances au portrait des jeunes qui se joignent aux gangs en montrant qu’en plus de leur propension à la violence, ces derniers se distinguent aussi par leur isolement. En effet, ces jeunes semblent être bien seuls avec un réseau significatif à refaire, des liens familiaux fragilisés par de nombreuses ruptures notamment et une école qui ne les intéresse pas.

Les jeunes membres de gangs sont généralement incapables de se projeter dans l’avenir en raison de la faible estime qu’ils ont d’eux-mêmes. Dans cette perspective, le gang apparaît tout à fait désigné pour leur offrir une perspective de vie stimulante et à laquelle ces derniers n’aspiraient probablement pas au départ.

Pour d’autres par contre, c’est la violence qui caractérise surtout ces jeunes, de même que leur incapacité à gérer leur agressivité. Mais dans l’ensemble, on eut spécifier l’absence d’encadrement dont souffrent les jeunes membres de gangs en raison notamment de l’éclatement de leur famille et des difficultés d’intégration que rencontrent leurs parents immigrés (le cas échéant).

Certains ne trouvent aucune excuse aux parents, évoquant leur laxisme, leur insouciance, de même que leur indifférence à l’égard des difficultés que vivent leurs enfants. En retour, les jeunes auraient désinvesti le monde des adultes avec lequel ils n’ont jamais réussi à développer des liens de confiance.

Par voie de conséquence, les jeunes tendent à peu s’intégrer aux activités organisées par les adultes dans le cadre desquelles ils pourraient pourtant développer les liens qui leur manquent.

Les enfants et les jeunes victimes de crimes avec violence

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Les enfants et les jeunes sont surreprésentés parmi les victimes d’agression sexuelle déclarées à la police. En effet, 6 agressions sexuelles sur 10 visent un enfant ou un jeune, alors que ces derniers ne représentent que 21% de la population.

En 2003, les enfants et les jeunes ont également été victimes de 21% des voies de fait et de 17% des autres crimes avec violence ou menace de violence déclarés à la police.

D’après un nouveau rapport sur les jeunes victimes de crimes avec violence, le cinquième de tous les crimes avec violence déclarés à 122 services de police en 2003 ont été commis à l’endroit d’enfants et de jeunes de17 ans et moins.

Les crimes avec violence comprennent les voies de fait et l’agression sexuelle, ainsi que les autres crimes comportant des actes de violence ou des menaces de violence comme le vol, les menaces et l’extorsion.

Le rapport révèle que le risque d’être victime d’un crime avec violence augmente en fonction de l’âge et que le type d’auteur des crimes avec violence commis à l’endroit d’enfants et de jeunes varie selon l’âge des enfants. Ainsi, la majorité des voies de fait et des agressions sexuelles contre des enfants de moins de 6 ans ont été perpétrées par un membre de la famille, un parent dans la plupart des cas. Par contre, les jeunes de 14 à 17 ans étaient plus susceptibles d’être agressés par un pair ou un étranger.

Incidence du quartier sur les taux d’hospitalisation des enfants et des adolescents pour blessure non intentionnelle

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De 2001-2002 à 2004-2005, les enfants de 9 ans et moins vivant dans un quartier urbain à faible revenu étaient plus susceptibles d’être hospitalisés à la suite d’une blessure non intentionnelle que ceux vivant dans un quartier à revenu élevé.

Cela était particulièrement vrai dans le cas des hospitalisations découlant de blessures liées au transport terrestre, à l’empoisonnement, au feu, à la noyade et à la suffocation, et aux coupures ou aux perforations. La relation entre le fait d’habiter un quartier à faible revenu et les taux d’hospitalisation était moins étroite chez les jeunes de 10 à 19 ans.

En fait, chez les jeunes de cette tranche d’âge vivant dans les quartiers ayant les revenus les plus élevés, les taux d’hospitalisation à la suite d’une blessure causée par un heurt étaient supérieurs à ceux chez leurs homologues des quartiers ayant les revenus les plus faibles. Les blessures de ce genre surviennent, par exemple, lorsqu’on est heurté par un article de sport, un objet lancé, ou par d’autres personnes.

Taux plus élevés chez les garçons

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Pendant la période de quatre ans, on a enregistré 76 227 hospitalisations à la suite de blessures non intentionnelles chez les enfants et les jeunes dans les régions urbaines.

Les garçons représentaient les deux tiers de ces hospitalisations. Le taux brut d’hospitalisation chez les garçons était de 40,8 hospitalisations pour 10 000 années-personnes à risque, soit un taux nettement supérieur à celui de 21,6 chez les filles.

Le taux brut avait tendance à augmenter avec l’âge : il était d’environ 30 hospitalisations pour 10 000 années-personnes à risque chez les enfants de moins de 10 ans et atteignait près de 35 pour 10,000 années-personnes à risque chez les 15 à 19 ans.

Répercussions et conséquences de la victimisation

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(ESG 2004)

Selon l’ESG, il y a eu plus de deux millions d’incidents avec violence au Canada en 2004 contre les personnes âgées de 15 ans et plus. Le quart de ces incidents a causé une blessure. Parmi les incidents comportant des blessures, 24 % étaient suffisamment graves pour que la victime doive solliciter des soins médicaux, tandis que 20 % des incidents ont fait en sorte que la victime a dû se reposer au lit.

Un peu moins du tiers des incidents avec violence causant une blessure (31 %) ont entraîné la perte d’une journée d’activités quotidiennes, tandis que 27 % des incidents avec violence causant une blessure ont entraîné la perte de deux à trois jours. Une tranche supplémentaire de 18 % des incidents a fait en sorte que les victimes ont été incapables de vaquer à leurs occupations quotidiennes pendant plus de deux semaines.

La majorité des incidents liés aux ménages et aux biens ont entraîné des pertes de moins de 500 $ (60%) tandis que pour 15 % des incidents, des pertes de plus de 1 000 $ ont été déclarées.

La majorité des incidents ont entraîné une forme ou une autre de réaction émotionnelle (78 %) par les victimes, tandis que dans une minorité (21 %) des incidents, la victime a déclaré que l’incident ne l’avait pas beaucoup affecté. Dans l’ensemble, une proportion plus importante de victimes d’incidents sans violence a éprouvé de la colère (41 %) comparativement aux victimes d’incidents avec violence (32 %). Peu importe le type d’incident, le cinquième des victimes était bouleversé, confus et/ou frustré.

Les résultats de l’ESG indiquent qu’un plus grand pourcentage des victimes d’incidents avec violence (32%) a déclaré éprouver des troubles du sommeil que les non-victimes (17 %). De plus, les femmes victimes de crimes avec violence étaient plus susceptibles que les hommes de déclarer éprouver des troubles du sommeil (37 % des femmes et 28 % des hommes).

Selon l’ESG, un peu moins du tiers des victimes d’un incident avec violence (30 %) ont installé de nouvelles serrures ou des barres de sécurité comparativement à un dixième des non-victimes.

De façon générale, les victimes se sentaient moins en sécurité que les non-victimes. Sur les personnes qui marchaient seules le soir, la proportion des victimes d’incidents avec violence qui a déclaré se sentir très en sécurité s’établissait à 37 %, ce qui est inférieur à la proportion des non-victimes (46 %).

Un peu moins du cinquième (18 %) des femmes qui ont été victimisées avec violence, ont déclaré se sentir très en sécurité lorsqu’elles marchent seules le soir, ce qui est inférieur à la proportion des hommes victimes d’incidents avec violence (49 %).

Le suicide

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En 2009, 1 068 suicides ont été enregistrés au Québec, ce qui représente 13,5 décès par 100 000 personnes. Pour l’année 2008, ce nombre était de 1 122 (14,4 par 100 000). Bien que ces chiffres soient provisoires (des enquêtes de coroners étant encore en cours), il semble que la tendance à la baisse constatée au cours des dernières années persiste. Le taux de suicide au Québec demeure toutefois le plus élevé au pays.

En 2009, le nombre de suicides chez les hommes s’élevait à 830 (soit 21,3 par 100 000 personnes) et à 233 (soit 5,9 par 100 000) chez les femmes.

Le taux est le plus élevé chez les hommes de 35 à 49 ans (33,9 par 100 000) et de 50 à 64 ans (29,6 par 100 000). Les adolescents (15 à 19 ans) présentent le taux le plus bas (11,9 par 100 000). Les hommes de 20 à 34 ans et de 65 ans et plus ont des taux respectivement de 23,2 et 20,3 par 100 000.

Chez les femmes, les taux les plus élevés sont chez celles âgées de 35 à 49 ans (10,0 par 100 000) et de 50 à 64 ans (9,9 par 100 000). Chez celles de 20 à 34 ans le taux est de 5,6 par 100 000; chez celles de 65 ans et plus, il est de 4,4 par 100 000 et chez celles de 15 à 19 ans, de 3,8 par 100 000.

Les taux varient considérablement d’une région à l’autre. Il passe de 9,2 par 100 000 pour la région de Laval à 19,8 par 100 000 pour la région de la Côte-Nord.

Près de 13 000 Québécois ont signé à ce jour une déclaration de l’AQPS qui « refuse de considérer le suicide comme une solution à la souffrance », c’est-à-dire qui refuse par exemple qu’on retourne une personne chez elle après une tentative, sans autre forme de soutien ou de suivi.

Selon Bruno Marchand, directeur de l’association, rapporte Le Devoir, c’est chez les baby-boomers qu’il y aurait le plus de résistance à l’idée de proscrire le suicide. Les personnes de ce groupe d’âge, considère-t-il, autrefois brimés par l’église, seraient réfractaires au fait de restreindre l’individu dans ses choix.

La ministre des Aînés, Marguerite Blais, a annoncé le 26 janvier une aide de 745 000 $ sur 3 ans à l’AQPS pour contrer le suicide chez les aînés.

Le suicide à l’adolescence est un phénomène tragique qui ne cesse d’augmenter. Il constitue la deuxième cause de mortalité chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans. De plus, le taux de suicide chez les jeunes est sous-estimé puisqu’il ne tient compte que des suicides officiels et exclut ceux déguisés en accidents.

Pourquoi des jeunes qui ont toute la vie devant eux sont-ils si désespérés au point de mettre fin à leur jour? Il demeure difficile de donner une explication simple à cette question.

Le suicide à l’adolescence dénote la présence d’un malaise important, c’est un cri de souffrance, de désespoir et d’appel à l’aide. L’explication du suicide ne se trouve pas dans un facteur précipitant mais dans l’histoire passée, le vécu problématique, les conflits antérieurs. Il y a eu une escalade de problèmes, ceux-ci ont commencé très jeune, ils se sont accrus et accumulés avec les années, puis ils ont atteint un point culminant à la période de l’adolescence.

Un portrait statistique des familles au Québec

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(Banque de données statistiques officielles sur le Québec)

Bien que les candidats et candidates au mariage soient moins nombreux et se marient à un âge de plus en plus tardif, la moitié des mariages aboutissent tout de même à un divorce. L’indice synthétique de divortialité oscille autour de 50 %, soit 50 divorces pour 100 mariages, depuis 1987. Il est de 52 % en 2005. C’est entre 3 et 5 ans de mariage que le taux de divortialité est le plus élevé. Dans les dix dernières années, la proportion de divorces continue d’osciller autour de 50 %.

Le portrait des familles de la région de Montréal se distingue de celui des autres régions du Québec, particulièrement sous les aspects suivants : la plus forte proportion de familles monoparentales, soit 33% des familles avec enfants. La fragilité des unions fait en sorte que la monoparentalité constitue un mode de vie de plus en plus répandu.

Au Québec, les couples avec enfants ont un faible revenu après impôt dans une proportion de 5,7 % en 2000, alors que le taux de faible revenu après impôt atteint 28,7 % chez les familles monoparentales ayant une femme à leur tête. Par ailleurs, le taux de faible revenu après impôt des familles (avec ou sans enfants) ayant un soutien unique ou principal, de moins de 25 ans, se situe à 29,3 % en 2000.

En 2000, au Québec, 11,7 % des enfants de moins de 18 ans vivaient dans une famille à faible revenu (après impôt). Ces enfants représentaient 26,0 % de l’ensemble des personnes à faible revenu (enfants de moins de 18 ans et adultes de tous âges).

Au Québec, en 2001, les familles monoparentales sont locataires dans 55,5 % des cas, alors que les familles biparentales sont majoritairement propriétaires de leur logement, dans une proportion de 79,3%. Plus du quart (28,5 %) des familles monoparentales consacrent 30 % ou plus de leur revenu au logement, alors que seulement 10,7 % des familles biparentales sont dans la même situation.

Même s’ils ont moins tendance à se marier que les autres Canadiens, les Québécois divorcent cependant davantage qu’eux. Statistique Canada a rapporté que presque un mariage sur deux au Québec se termine par un divorce. Dans l’ensemble du Canada, un tiers des couples (34,8%) a fini en divorce en 1997; au Québec, la proportion a atteint 44,8%. Ces données sont valables pour les couples de 30 ans de vie commune et moins, précise l’agence fédérale.

En 2005, la durée moyenne des mariages s’étant soldés par un divorce était de 14,5 ans, soit 1,7 an de plus qu’il y a dix ans (Statistique Canada, 2008). En Ontario, la durée moyenne était de 13,8 ans et à l’Î.P.É., de 16,7 ans. Les divorces dissolvant des mariages de plus longue date surviennent également dans d’autres pays occidentaux, comme le Royaume-Uni.

En outre, selon Statistique Canada, le plus grand nombre de divorces surviennent après le 3e ou le 4e anniversaire (respectivement 26,1 et 25,8 mariages sur 1 000). Après cela, le taux diminue pour chaque année de mariage subséquente et, au 40e anniversaire, il n’y aurait que 1,19 divorce sur 1 000 mariages.

Les pensions alimentaires pour les enfants et le conjoint dans les régions métropolitaines et non métropolitaines, 2009-2010

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Au 31 mars 2010, environ 83 000 cas de pension alimentaire pour les enfants et le conjoint étaient inscrits auprès d’un programme d’exécution des ordonnances alimentaires dans huit provinces et territoires. Ensemble, ces provinces et ces territoires représentent 18 % de la population canadienne.

Dans presque tous les cas pris en charge par un programme d’exécution des ordonnances alimentaires, les destinataires étaient des femmes et les bénéficiaires, des enfants. Au 31 mars 2010, ces cas visaient environ 91 000 enfants de 18 ans et moins, ce nombre représentant 6 % de la population des personnes de 18 ans et moins dans les huit provinces et territoires.

Environ 80 % des cas inscrits comportaient une obligation de soutien active en mars 2010. Le montant mensuel médian du paiement régulier dû de la pension alimentaire de l’ensemble des cas s’élevait à environ 300 $. En général, le montant du soutien augmente en fonction du nombre d’enfants bénéficiaires.

En mars 2010, dans près des trois quarts des cas dans lesquels un paiement régulier de la pension alimentaire était dû au destinataire durant le mois, un paiement a été effectué. Dans la plupart de ces cas, le paiement complet a été effectué.

En 2009-2010, environ 83 % des paiements totaux dus ont été obtenus des payeurs et d’autres sources, comme les saisies-arrêts et l’interception de sommes fédérales. En ce qui concerne les cas inscrits pendant toute l’année, le montant médian perçu pendant l’exercice financier s’élevait à 3 200 $.

Au 31 mars 2010, dans un peu plus de la moitié des cas, le payeur ne devait aucun arriéré ou devait un montant qui était moins du double du paiement mensuel dû. Les arriérés peuvent s’accumuler en raison du non-paiement d’un versement, soit en mars ou au cours d’un mois précédent, qui n’a pas été acquitté. Presque la moitié des cas comportent déjà des arriérés au moment de l’inscription.

En général, la proportion d’enfants inscrits et les montants dus et perçus étaient en harmonie dans les 76 régions métropolitaines et non métropolitaines des huit secteurs de compétence étudiés dans le présent rapport. C’est à New Glasgow, en Nouvelle-Écosse, et à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, qu’on a observé les plus fortes proportions d’enfants inscrits (12 %). Le montant médian du paiement mensuel dû était le plus élevé pour les payeurs à Wood Buffalo, en Alberta — il se situait à 441 $ pour les cas comptant un enfant bénéficiaire.

Profil des bénéficiaires de pension alimentaire pour enfants

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Le 1er juillet 2007, près de 70 000 enfants et jeunes (personnes de 19 ans et moins, ci-après appelées enfants) provenant de 50 000 familles et vivant à l’Île-du-Prince-Édouard, en Nouvelle-Écosse, en Alberta, au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest étaient inscrits à un programme d’exécution des ordonnances alimentaires (PEOA). Celui-ci est chargé de surveiller et d’exécuter les prestations de pension alimentaire pour enfants.

Environ 6 % des enfants vivant dans les cinq secteurs de compétence étaient inscrits auprès d’un PEOA. La Nouvelle-Écosse affichait la plus forte proportion d’enfants inscrits (9 %), alors que l’Alberta et le Yukon comptaient la plus faible proportion (5 %). Près de la moitié des enfants inscrits étaient âgés entre 12 et 17 ans. Le destinataire de la pension alimentaire au nom des enfants (souvent le parent qui vit avec les enfants) était une femme dans 97 % des familles.

La médiane du paiement mensuel dû dans les cinq secteurs de compétence déclarants s’élevait à 300 $, et 57 % des familles ont reçu leur paiement complet de pension alimentaire au cours d’un mois moyen en 2007-2008. Le tiers des familles ont reçu leur versement mensuel de pension alimentaire pour enfants au complet chaque mois en 2007-2008. Environ 84 % des familles ont reçu une partie de leurs prestations pendant l’année.

Un peu moins des deux tiers des familles qui avaient reçu des paiements de pension alimentaire avaient accumulé des arriérés au 1er juillet 2007. Le montant médian des arriérés exigibles s’élevait à 4 210 $. Les PEOA de l’Alberta et du Yukon ont pris des mesures d’exécution contre environ les deux tiers des payeurs vivant dans leur secteur de compétence en 2007-2008.

Pour près de 10 % des enfants inscrits à un des cinq PEOA, le parent qui payait une pension alimentaire pour enfants vivait dans un autre secteur de compétence, et l’exécution des paiements de pension alimentaire pour enfants était assurée par le PEOA d’une autre province (ou réciproque). Pour la plupart de ces enfants, le PEOA réciproque se trouvait dans un autre secteur de compétence du Canada.

La dépression et la séparation de couple

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Une rupture conjugale est toujours bouleversante, elle fait d’ailleurs partie des deuils de la vie.

Selon une étude de Statistique Canada, le risque de dépression est plus élevé chez les femmes et les hommes après une rupture conjugale. Il semblerait, toujours selon l’étude, que les hommes sont plus durement touchés.

– Les hommes divorcés ou séparés et âgés de 20 à 64 ans sont 3,3 fois plus susceptibles de vivre une dépression que ceux qui vivent encore en couple.

– Les femmes séparées ou divorcées, sont 2,4 fois plus susceptibles de déclarer une dépression, que les femmes ayant un conjoint.

– 42 % des femmes subissent une baisse de revenu importante.

– 15 % des hommes subissent une baisse de revenu comparable.

Mères seules encore très vulnérables à la pauvreté

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Il y a eu des progrès certes, mais les familles monoparentales dirigées par une femme continuent de porter un fardeau disproportionnellement élevé, le taux de pauvreté infantile dans ces familles étant de 38 % (SFR 2008 avant impôt). Les mères seules, tout en étant l’unique gagne-pain de la famille, doivent trouver des services de garde convenables pour leurs enfants et un toit sûr, le tout à coût habituellement inabordable. Elles ont aussi à concilier études et formation, implication communautaire et travail rémunéré avec leurs responsabilités familiales. Plus de la moitié des mères seules avec enfants de moins de six ans vivent en situation de pauvreté.

La situation des pères divorcés

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Il faut savoir que 60% des enfants de divorcés n’ont aucun contact avec leur père et seulement 15% des pères obtiennent la garde principale de leur enfant.

Mais il y a absence et absence. La pire absence, ce n’est pas l’absence physique, c’est le désintérêt. Imaginons un cadre qui rentre tard de son travail. S’il est capable malgré tout, pendant un quart d’heure de faire abstraction de ses préoccupations pour aller dire bonsoir à ses enfants, écouter ce qu’ils ont à dire, être disponible, il est présent. D’autant plus si, dans la journée, la mère a dit : J’en parlerai à ton pèrece soir. Ce père-là est présent dans la tête de l’enfant et il sait qu’il peut compter sur lui.

Par contre un père chômeur, trop en difficulté pour être disponible malgré sa présence physique, pourra ne pas compter beaucoup. En cas de divorce, un père qui continue à manifester de l’intérêt à ses enfants reste présent et son absence pourra ne pas entraîner de séquelles trop graves.

Une population de pères divorcés a été suivie pendant plusieurs années. Il s’agissait d’évaluer leur monde intime et leur nouveau contexte affectif et social. Deux tendances se sont dessinées : une grosse moitié de pères s’est progressivement isolée et désocialisée. Certains étaient chômeurs, beaucoup n’attachaient plus d’importance à leur travail. Malheureux de leur échec familial et social, et honteux de leur incapacité à établir des liens d’intimité, ils se sont, en majorité, désengagés de leurs responsabilités. Mais une autre moitié de pères divorcés est apparue au fil des ans. Découvrant de nouveaux engagements affectifs et sociaux, ces pères-là ont appris à établir de nouvelles relations avec leurs enfants.

A l’époque de l’ancien couple, ils se contentaient du rôle classique qui leur demandait de partir tôt le matin et de rentrer le soir, sans dire un mot. Ces hommes, plus tard, ont découvert avec surprise le plaisir de s’engager dans une nouvelle manière de vivre. Ils sont devenus sportifs, ont entrepris des voyages, sont partis en quête de spiritualité, se sont mis aux travaux du foyer… Dans ce groupe de pères engagés dans une nouvelle vie, presque tous ont conservé leurs liens avec leurs enfants, et parfois même les ont améliorés. Ayant à partager des aventures, des récits et des plats qu’ils cuisinaient, ils ont appris à établir une relation agréable avec eux. En renonçant au rôle de travailleur morose, ils ont évolué vers celui de magicien du foyer. Ces pères-là se sont fortement engagés auprès de leurs enfants.

Les facteurs qui ont le plus nettement orienté les pères divorcés vers le désengagement ou, au contraire, vers la découverte de nouvelles relations sont : l’identification au rôle paternel ; la rencontre amoureuse avec une autre femme ; et la conception du divorce… qu’avait leur avocat !

Les hommes qui, dans leur enfance, avaient admiré un modèle paternel ; qui, après leur divorce, ont retrouvé un soutien affectif ; et qui avaient choisi un avocat partisan de la médiation, ont presque tous évolué vers un nouveau rôle paternel agréable et responsable. Alors que les hommes seuls et désespérés n’ont pas eu la force de préserver ce lien.

Il s’agit d’une tendance, car il existe bien des cas particuliers, et l’égoïsme n’est pas toujours étranger au désengagement de certains hommes. Mais ce qui déresponsabilise le plus ces pères, c’est leur malheur affectif et leur isolement social.

La rupture conjugale est plus difficile pour les hommes

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Selon le spécialiste de l’étude de statistiques Canada, les éléments stressants découlant de la rupture favorisent les épisodes de dépression chez l’homme.

La perte de la garde des enfants et le changement des responsabilités parentales : 3% des femmes perdent la garde d’au moins un enfant, contre 34% des cas chez les hommes.

Les hommes déplorent la perte de leur réseau social : pour nombre d’entre eux, le soutien social se limitait à leur conjointe. Ainsi, la solitude et l’absence de réseau social augmentent le risque de dépression.

La violence conjugale après la séparation

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Selon l’Enquête sociale générale de 1999, 28 % de femmes et 22 % d’hommes qui ont été en contact avec un ancien conjoint ou une ancienne conjointe au cours des cinq années qui ont précédé l’enquête ont dit avoir été victime de violence aux mains de leur partenaire durant la cohabitation ou après la séparation.

La séparation ne met pas nécessairement un terme à la violence conjugale. Quarante pour cent (40 %) de femmes et 32 % d’hommes dont le mariage ou l’union libre a été violent disent que la violence a eu lieu après la séparation.

La plupart des personnes qui font état d’actes violents après la séparation précisent que la violence s’est aggravée ou qu’elle a commencé après la séparation. Dans 37 % des cas, la violence n’a pas augmenté en gravité, dans 24 % elle s’est aggravée, et dans 39 % elle a commencé après la séparation.

Tant les femmes que les hommes sont plus susceptibles d’avoir affaire avec la police quand la violence se produit après la séparation que dans les autres cas de violence conjugale, mais les hommes sont deux fois moins susceptibles que les femmes de déclarer ces incidents à la police (55 % des femmes par rapport à 30 % des hommes).

Les enfants sont souvent les témoins involontaires de la violence entre les conjoints. Dans 50 % des cas où la violence a commencé après la séparation, les enfants ont été témoins d’au moins un acte de violence.

En 1999, 77 % des victimes d’incidents de harcèlement criminel déclarés à la police étaient des femmes. Dans la moitié des cas environ, l’accusé était l’époux, l’ex-époux ou un homme avec lequel la victime avait eu une relation intime.

Les femmes courent un risque accru d’être victimes d’un homicide après la séparation. De 1991 à 1999, le taux de femmes séparées tuées par leur ex-conjoint s’est chiffré à 39 pour un million de couples.

Comparativement, le taux moyen de femmes tuées par leur conjoint de fait a été de 26 pour un million et celui de femmes tuées par leur époux, de 5 pour un million. Les risques d’homicide d’un conjoint sont en moyenne inférieurs en ce qui concerne les hommes, et ces derniers courent plus de risques d’être tués par leur conjointe de fait que par leur ex-conjointe.

En moyenne, 12 hommes pour un million de couples ont été tués par leur conjointe de fait actuelle, deux hommes pour un million l’ont été par une ex-partenaire, et un pour un million a été tué par sa conjointe actuelle.

Le plus souvent, les hommes qui tuent leur ex-conjointe sont motivés par la jalousie (44 %), tandis que les femmes qui tuent leur ex-conjoint le font à la suite d’une altercation ou d’une querelle (41 %).

Les ex-époux sont deux fois plus susceptibles que les époux de faire plusieurs victimes. Si le mariage n’a pas encore été rompu au moment de l’homicide de la conjointe, les enfants sont les autres victimes les plus probables. Quand le mariage est dissocié, le nouveau partenaire est le plus fréquemment la tierce personne victime.

La violence familiale au Canada

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(Le rapport annuel La violence familiale au Canada : un profil statistique)
Parmi les quelque 19 millions de Canadiens qui avaient un conjoint actuel ou un ex-conjoint en 2009, 6,2% (soit 1,2 million de personnes) ont déclaré avoir été victimes de violence physique ou sexuelle par ce dernier durant les cinq années précédant la tenue de l’enquête. Cette proportion était stable par rapport à celle enregistrée en 2004 (6,6 %), soit l’année au cours de laquelle le cycle précédent sur la victimisation a été mené, et elle était en baisse par rapport à la proportion notée en 1999 (7,4 %).

Une proportion similaire d’hommes et de femmes ont indiqué avoir été victimes de violence conjugale durant les cinq années précédant la tenue de l’enquête. Parmi les hommes, 6,0 % (soit environ 585 000) ont subi de la violence conjugale pendant cette période, comparativement à 6,4 % des femmes (soit 601 000).

Environ 57 % des femmes qui avaient vécu un incident de violence conjugale au cours des cinq années précédant la tenue de l’enquête ont dit que la violence était survenue à plus d’une occasion, par rapport à 40 % des hommes.

On observe les taux de violence conjugale les plus élevés chez certains groupes de la population, en particulier chez les jeunes adultes de 25 à 34 ans, les personnes vivant en union libre et celles faisant partie d’une famille recomposée.

La violence conjugale était quatre fois plus susceptible de survenir entre des ex-conjoints ou des ex-partenaires qu’entre des conjoints ou des partenaires actuels. En 2009, 17 % des adultes qui ont eu un contact avec un ex-conjoint ou un ex-partenaire au cours des cinq années précédentes ont déclaré avoir été agressés physiquement ou sexuellement par leur partenaire au moins une fois. Chez les adultes qui avaient un conjoint ou un partenaire actuel, 4 % ont été agressés physiquement ou sexuellement durant les cinq années précédant la tenue de l’enquête.

Le rôle parental après une séparation ou un divorce : profil des ententes au sujet du temps passé avec les enfants et de la prise de décisions les concernant

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En 2006, environ 70 % des parents récemment séparés ou divorcés au Canada avaient une entente au sujet du temps passé avec les enfants et/ou de la prise de décisions importantes sur la religion, la santé ou l’éducation de leurs enfants.

La majorité des parents ayant une entente au sujet du temps passé avec leurs enfants ont fait appel à une tierce partie (comme parler à un avocat ou voir leur entente ordonnée par la cour au terme d’un procès) pour parvenir à une entente. Les parents étaient moins susceptibles d’avoir recours à ces ressources pour prendre une entente au sujet de la prise de décisions importantes.

Environ 14% des parents ayant une entente sur le temps passé avec les enfants avaient une entente de garde partagée, dans le cadre de laquelle les enfants partageaient leur temps de façon semblable entre les deux résidences parentales.

La plupart des parents qui avaient une entente sur la prise de décisions importantes ont déclaré qu’ils participaient à la prise de décisions au sujet de la santé, de la religion ou de l’éducation de leurs enfants.

Presque tous les parents qui avaient une entente au sujet du temps passé avec les enfants participaient aux activités récréatives ou aux soins réguliers de leurs enfants.

Un peu plus de la moitié des parents ayant une entente au sujet du temps passé avec les enfants et dont les enfants vivaient principalement avec leur ex-partenaire étaient satisfaits de la quantité de temps qu’ils passaient avec leurs enfants.

Le rôle des grands parents

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Il est prouvé par plusieurs études que l’éloignement géographique perturbe la relation entre grands-parents et petits-enfants, par le fait du peu de contacts qui en découlent, de l’absence de proximité affective ainsi que de l’impossibilité pour ces grands-parents éloignés de s’impliquer dans la garde des petits-enfants.

La disponibilité objective des grands-parents envers leurs petits-enfants joue également un rôle important dans la relation qu’ils entretiennent ensemble. Aujourd’hui, les parents deviennent grands-parents à un âge plus jeune et souvent, ils sont encore sur le marché du travail. Pour eux, le temps de travail devient alors une contrainte objective car il ne cesse d’occuper un espace de plus en plus grand et envahissant pour eux. Cela limite les rapports entre les générations.

Pour d’autres grands-parents, la retraite est une occasion de vivre un regain d’activités et de loisirs et d’entreprendre des voyages, alors ils deviennent très occupés. Cette disponibilité restreinte affecte les liens avec les petits-enfants d’autant plus que les grands-parents mentionnent, qu’il devient de plus en plus difficile pour eux, d’être en présence constante et prolongée avec leurs petits-enfants. Ceci est dû, en particulier, à l’âge et à l’effort que cela demande d’être en présence de petits-enfants. Ces grands-parents préfèrent de loin être en contact avec eux sur de courtes périodes.

Pour les grands-parents, les parents sont présents pour les enfants et ils jouent le rôle primaire auprès de ceux-ci. Eux-mêmes considèrent qu’ils ont un rôle en second et qu’ils seront présents si leurs enfants-adultes auraient un besoin quelconque. Cette situation, est comme une triangulation qui passe de grands-parents à parents, de parents à petits-enfants et de grands-parents à petits-enfants. Les grands-parents respectent cette triangulation et ils l’acceptent puisque, dans tous les cas, ils sont contents de ne pas avoir les responsabilités parentales et ainsi, de n’avoir qu’un rôle secondaire.

Cela ne veut pas dire non plus que les grands-parents sont toujours d’accord avec les décisions prises par leurs enfants envers leurs petits-enfants. Mais, les grands-parents demandent la permission à leurs enfants-parents lorsqu’ils entreprennent quelque chose avec leurs petits-enfants et c’est aussi le cas pour la transmission de certaines valeurs.

Dans le cadre de cette relation triangulaire, il est évident que les grands-parents considèrent que ce sont les parents qui font l’éducation de leurs enfants. Cette éducation inculquée aux petits-enfants devient souvent une source de conflit dans le lien grands-parents et parents. C’est peut-être pourquoi aujourd’hui, l’éducation est laissée seulement aux parents et que s’il y a un problème avec les enfants, les grands-parents se tournent alors vers les parents pour qu’ils règlent la situation et ils ne s’en mêlent pas.

Pour les grands parents, l’important c’est de ne pas s’imposer dans la vie de leurs enfants. Cette notion d’imposition s’est amplifiée avec la montée de l’indépendance et de l’autonomie de nos sociétés aujourd’hui.

Pour les grands-parents, on voit qu’il y a concurrence entre deux normes, celle concernant l’indépendance à tout prix, être compétent et autonome et celle sur les solidarités où il faut aider ses proches. Alors, les grands-parents se retrouvent avec le problème de « la bonne distance » et donc, ils veulent s’assurer d’être présents auprès de leurs enfants sans toutefois s’imposer.

Les grands-parents éloignés de leurs petits-enfants le sont à cause du rôle « entravant » que joue cette génération intermédiaire. Les grands-parents éloignés de leurs petits-enfants, vivent une relation difficile avec leurs propres enfants. En effet, cette situation vient perturber la relation qu’ils entretiennent car les visites se font plus rares, la garde des petits est moins souvent laissée aux grands-parents et les situations de conflits deviennent omniprésentes. Par exemple, il y a des familles qui doivent déménager loin de leurs parentés pour une occasion de travail ou bien pour des raisons qui ne sont pas liées à la famille immédiate.

Il y a également la disponibilité des grands-parents, où ceux-ci n’ont pas toujours le temps de rendre visite à leurs petits-enfants car ils voyagent beaucoup (exemple : de plus en plus de grands-parents passent l’hiver dans le Sud) ou bien ils n’ont pas beaucoup de temps libres car ils sont, entre autre, sur le marché du travail.

Il peut y avoir des conflits sur l’éducation inculquée aux petits-enfants, sur des divergences d’opinion ou simplement parce que les enfants devenus parents veulent délaisser les grands-parents pour des raisons diverses telles que les différences de valeurs entre autre. Cependant, il ne faut pas oublier non plus qu’une relation se vit dans les deux sens, autant du côté de la génération intermédiaire mais également du côté des grands-parents eux-mêmes.

Il peut y avoir des situations où les grands-parents ont une relation éloignée avec leurs petits-enfants même si la génération intermédiaire à l’air disposée à leur faciliter l’accès. Souvent aussi, ce sont les grands-parents qui décident de prendre leur distance et de se tenir à l’écart de leurs enfants pour des raisons diverses comme des conflits ou les voyagent dans d’autres pays.

À l’inverse, les grands-parents proches le sont à cause du rôle « facilitant » que joue la génération intermédiaire. Le rôle « facilitant » de la génération intermédiaire n’est pas la seule cause car il y a la proximité géographique qui joue un grand rôle dans les liens entre grands-parents et petits-enfants. Il y a aussi la disponibilité des grands-parents, la garde fréquente par ceux-ci et la proximité affective. La génération intermédiaire a le « beau » rôle si elle permet la tenue de liens forts entre grands-parents et petits-enfants, cette génération ne fait que faciliter son rôle d’intermédiaire. À l’opposé, si dans le cas de grands-parents avec une relation proche de leurs petits-enfants, la génération intermédiaire décide de nuire ou de briser ces liens entre les grands-parents et leurs petits-enfants, les grands-parents tenteront de passer au-dessus de la génération intermédiaire.

À l’inverse, les grands-parents proches le sont à cause du rôle « facilitant » que joue la génération intermédiaire. Le rôle « facilitant » de la génération intermédiaire n’est pas la seule cause car il y a la proximité géographique qui joue un grand rôle dans les liens entre grands-parents et petits-enfants. Il y a aussi la disponibilité des grands-parents, la garde fréquente par ceux-ci et la proximité affective. La génération intermédiaire a le « beau » rôle si elle permet la tenue de liens forts entre grands-parents et petits-enfants, cette génération ne fait que faciliter son rôle d’intermédiaire.

À l’opposé, si dans le cas de grands-parents avec une relation proche de leurs petits-enfants, la génération intermédiaire décide de nuire ou de briser ces liens entre les grands-parents et leurs petits-enfants, les grands-parents tenteront de passer au-dessus de la génération intermédiaire.

Divorce: le rôle des grands-parents

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Le divorce provoque souvent des tensions familiales difficiles à gérer. Dans la tempête, les grands-parents sont soit tiraillés entre les rôles de témoins distants et d’acteurs impliqués, soit exclus malgré eux. Le mot d’ordre? Les petits-enfants d’abord.

Dans l’étude Être grands-parents au Canada, menée en 2000, pour l’Institut Vanier de la famille, les chercheurs Carolyn J. Rosenthal et James Gladstone précisent que dans un scénario idéal, les grands-parents peuvent décider, en accord avec leur enfant, du rôle qu’ils souhaitent assumer auprès de leurs petits-enfants pendant et après les procédures de divorce. Dans certains cas, le divorce de leur enfant sera même l’occasion de renforcer leur lien avec les petits-enfants, entre autres, en les voyants plus souvent et sur de plus longues périodes. Malheureusement, ces conditions idéales ne sont pas toujours réunies. Le divorce, loin de se résumer à des procédures juridiques, entraîne souvent les grands-parents dans des conflits interpersonnels qui risquent fort de compromettre cette précieuse relation avec les petits-enfants.

De nombreuses études ont démontré que le divorce est une transition émotionnelle douloureuse pour les petits-enfants. Il peut créer chez eux un sentiment de tristesse, de nostalgie, d’anxiété, de regret, voire de culpabilité. Dans un tel contexte, le contact avec les grands-parents peut leur être bénéfique, surtout s’il était déjà nourrissant avant le divorce des parents.

Selon la psychologue Paule Lamontagne, il n’y a pas 56 façons de maintenir ce lien intact: «Les grands-parents doivent résister à la tentation de s’impliquer dans le conflit qui mobilise les parents. Ils ne doivent pas prendre partie en faveur de l’un ou de l’autre, et ne doivent surtout pas partager leurs opinions d’adultes avec les petits-enfants, du genre « c’est la faute de ta mère si… »», explique-t-elle.

Loin d’être une recette magique, ce rôle d’observateur bienveillant demande du travail et une volonté à toute épreuve parce que devant le divorce de leur enfant, les grands-parents sont confrontés à leurs propres croyances et jugements de valeur. Ils sont émotionnellement impliqués, qu’ils le veuillent ou non.

«Certains considèrent le divorce de leur enfant comme un échec personnel. Ils peuvent alors être tentés de couper le contact avec cet enfant qu’ils considèrent fautif, ce qui ne facilitera pas le maintien du lien avec les petits-enfants», poursuit Paule Lamontagne.

D’autres encore ne pourront pas s’empêcher de prendre partie pour l’un ou l’autre des deux parents durant le processus d’attribution de la garde des enfants, surtout si un des deux parents est «blâmé» pour un comportement jugé inapproprié.

Par ailleurs, quand le divorce est suivi d’une nouvelle union, avec un nouveau conjoint et de nouveaux petits-enfants, Paule Lamontagne invite les grands-parents à faire preuve d’ouverture, de tolérance et d’équité à l’égard de tous les membres de la famille recomposée.

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